FLEUR DE LUNE N° 26

automne-hiver 2011



Le mot du président


  • Avec Maurice Fourré à Richelieu : histoire d’un week-end
  • Richelieu, ville cardinale, par J.-P. Kauffmann
  • Fourré à la Sorbonne (suite et fin), par B. Duval
  • La NRH à la NRF : nouvelles Révélations, par J.-P. Saulnier et l’AAMF
  • Maurice Fourré vu par … la revue Plein Chant, par P. Ziegelmayer

Echos et nouvelles

- Adieu Jacques, par J.-P. Guillon
- Le marché de la poésie : l’AAMF à Rochefort-sur-Loire, par Anne Orsini
- Croisements  : Maurice Fourré/Albert Camus, par J. Boislève
- « Sept fois plus à l’ouest » :  une exposition fourréenne
- L’actualité de l’AAMF

Les textes de ce numéro sont disponible au format pdf (clic!)

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Le mot du Président

   Voici un numéro de Fleur de Lune où l’on parle beaucoup de Richelieu … Normal : l’AAMF y fut conviée au mois de septembre dernier, autour d’un colloque universitaire  qui, pour la première fois, a mis Maurice à l’honneur. Vous aurez tous les détails dans les pages qui suivent.

   Mais comme toujours, votre bulletin est un riche … lieu : vous y trouverez bien d’autres nouveautés, rubriques et informations, toujours autour de Fourré et de son œuvre.

    Nous vous laissons à votre lecture, en vous souhaitant une bonne et belle fin d’année.

 

   Rendez-vous en 2012 !

Avec Maurice Fourré à Richelieu

L'AAMF a publié en octobre 2013 les Actes du Colloque de Richelieu dans la collection Les cahiers Fourré


   Les  23 et 24 septembre derniers,  se sont tenues à Richelieu (Indre-et-Loire) diverses manifestations, et notamment, le samedi 24, un colloque autour de La Marraine du sel, second roman de Maurice Fourré, dont l’action est, on le sait, circonscrite entre les remparts et le quadrillage des rues de la cité édifiée par le Cardinal, à l’ombre d’un  palais  aujourd’hui disparu.

   Organisé conjointement par l’Association des Amis de Richelieu et par le Groupe de recherches interdisciplinaires sur l’histoire du littéraire (GRIHL) qui y ont très chaleureusement convié l’Association des amis de Maurice Fourré, le colloque avait pour point cardinal l’opposition, présentée par l’historien Christian Jouhaud en préambule à Sauver le Grand siècle (Seuil, 2007) de deux visions romanesques de la postérité historique de la ville de Richelieu : celle, « noire » de Julien Gracq dans Carnets du grand chemin (José Corti, 1992) :

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La ville cardinale

    Alors que nous préparions ce numéro vingt-six de Fleur de Lune, nous avons reçu, transmis par un de nos membres, et accompagné d’une longue coupure du défunt Matin de Paris, ce petit mot de J.-P. Guillon :

 

   … Enfin, pour vous, ce bel article de Jean-Paul Kauffmann sur Richelieu, dont je vous ai parlé à Douarnenez, avec son coup de gong initial  et sidérant : « Tuée sur le coup. ». C’est en tout cas l’impression qu’il m’avait faite. L’auteur m’avait autorisé à reprendre ce texte pour Fourré, mais je ne sais plus où j’ai « fourré » sa lettre …

 

… et nous avons pensé que nous ne pouvions mieux faire que de présenter ce beau texte pour clore notre dossier sur Richelieu. La place nous a manqué pour le reproduire in extenso, mais tout lecteur intéressé pourra en trouver, au siège de l’AAMF, le contenu intégral.

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Fourré à la Sorbonne (Suite et fin)

    Voici donc comme promis la seconde partie de la conférence présentée par Bruno Duval le 10 décembre dernier dans le cadre du Séminaire Henri-Béhar, intitulé Surréalisme et baroque. Rappelons, pour une meilleure compréhension de ce texte, que la seconde partie de la séance était consacrée à Dali, ce qui explique les nombreuses références à cet artiste dans l’intervention de B. Duval.

 

    Gallimard avait confié à Breton la direction de la collection Révélation, qui n’a publié, en définitive, que ce titre, premier et dernier, seul et unique, comme en augurait, de façon propitiatoire, l'analogie visuelle de la Tour (dans le roman, la Colonne Saint-Cornille) avec le chiffre romain I. Et aussi avec la majuscule I, sans laquelle la NU(I)T se confondait, à l'oreille, avec la NUE céleste comme, de façon plus suggestive, avec la (femme) NUE qui, par suggestion licencieuse, y EST TOILÉE, au sens où peut l'être une couverture de livre … Ou, à l'époque moderne, une peinture.

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LA NRH À LA NRF

 Nouvelles Révélations

 

    Considérée du point de vue de la légende dorée du surréalisme, la publication, envisagée dès 1949 dans la nouvelle collection Révélation, dirigée par un André Breton soucieux de retrouver sa place de maître d’école littéraire à Paris, de La Nuit du Rose-Hôtel, premier titre proposé en librairie d’un auteur de 73 ans, fait figure de conte de fées paradoxal : il s’agissait, en pleine effervescence juvénile de Saint-Germain-des-Prés, de redorer le blason de ce que l’on n’appelait pas encore le “troisième âge”. C’est ce qui, aux yeux de l’Association des Amis de Maurice Fourré, en fait aujourd’hui le regain d’actualité.

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Maurice Fourré vu par … la revue Plein Chant

   Sur les conseils avisés de J.-P. Guillon, l’un de nos membres, Tristan Bastit, a pris sa plus belle plume pour solliciter Pierre Ziegelmeyer, collaborateur de la revue Plein Chant, maître d’œuvre des publications de l’École de Nullepart (E. de N.), et Régent de Blablabla et de Matéologie au Collège de Pataphysique – bref, quelqu’un de bien. Pierre Ziegelmayer, entre mille autres choses, a écrit un beau texte sur Fourré, dans le numéro 9 de Plein Chant, texte dont il a eu la gentillesse de rechercher (et retrouver) la trace, comme on le verra par la chaleureuse réponse adressée à Tristan, que nous reproduisons ci-dessous, de même, bien sûr, que le texte de son article, lequel, quoi qu’il en dise, est bien plus qu’un simple compte-rendu : avouons, par exemple, que nous avons été particulièrement séduits et conquis par l’étonnante anagramme du nom de Pol Hélie.

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Adieu à Jacques

Jacques Mayer Il y a deux mois à peine, début octobre, un coup de fil de Jeannine, son épouse, nous annonçait la mort d’un des membres fondateurs de notre association, Jacques Mayer.

Malgré ses (graves) problèmes de santé, Jacques n’a jamais cessé d’être présent, actif et disponible au sein de l’AAMF. Ce grand érudit et bibliophile, spécialiste absolu du Marquis de Sade, nous a toujours éclairés de ses conseils judicieux, qu’il s’agisse de recherche de documents concernant Fourré, de la présentation du bulletin Fleur de Lune, ou de la conception du site internet, qui lui doit beaucoup. Il tenait à être toujours présent lors de nos assemblées générales, et c’était un grand plaisir que de le voir arriver tous les ans en décembre au café Le Rouquet, en compagnie de Jeannine. En décembre 2010, il était encore là, ayant fait le grand effort de nous retrouver bien loin de Saint-Germain, son quartier, puisque l’AAMF tenait cette fois son AG dans les locaux de la galerie l’Usine, dans le dix-neuvième arrondissement. Les organisateurs avaient veillé à ce que le local choisi soit accessible à son fauteuil roulant, et tous les membres présents ce soir-là se souviennent encore avec émotion de son apparition au sortir de l’étrange monte-charge de l’Usine, dont le sommet, en forme de capsule, s’épanouissait en corolle pour libérer son passager. C’est de cette magnifique entrée en scène de Jacques que nous nous souviendrons, symbole de commencement et non de fin.

Jean-Pierre Guillon, fondateur de l’association et son premier président, a été, à l’AAMF, le plus proche de Jacques Mayer. Nous reproduisons ci-dessous le petit texte qu’il a consacré à son souvenir.

Dernière minute

L’AAMF a la tristesse d’annoncer aux lecteurs de Fleur de Lune, le décès, survenu le 9 octobre dernier, de Jacques Mayer, l’un de ses tout premiers et fidèles adhérents.

Les circonstances de notre rencontre méritent aujourd’hui d’être rappelées, car elles montrent que notre association n’est en aucune manière une assemblée de spécialistes universitaires réunis autour de La Nuit de Rose-Hôtel et autres Tête-de-Nègre. Au moment où l’idée de l’AAMF fut lancée et déposée au Journal officiel en date du 22 janvier 1997 par « une poignée de fanatiques n’excédant pas la demi-douzaine » (selon les propos amusés d’un magazine de la même époque), j’avais laissé en dépôt chez un libraire parisien quelques fascicules personnels touchant le marquis de Sade. Jacques Mayer, que je ne connaissais pas, mais qui fréquentait les lieux à l’affût de tout ce qui avait trait au Marquis, s’enquit de mon adresse et se mit en rapport avec moi.

Cet homme, ingénieur de formation et de carrière, qui se présentait en juillet 2003 à l’envoyé du Bulletin des Bibliophiles comme « autodidacte en littérature », avait en effet constitué chez lui, pour son plaisir, une « Sadothèque », comportant à ce jour plus de quatre mille cinq cents références. Il s’en ouvrit à moi aussitôt, et quand de mon côté je lui appris l’existence et les objectifs de notre association pour Maurice Fourré, il décida du même enthousiasme de nous rejoindre, avec Jeannine, son épouse.

Jacques Mayer, son amitié, sa générosité, sa présence chaleureuse et toujours attentive vont beaucoup nous manquer.

Jean-Pierre Guillon

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