FLEUR DE LUNE N°23

mai 2010


Le mot du Président


  • Maurice Fourré nous écrit
  • Parthénogenèse, par B. Duval
  • Je suis né à Nantes, par J. Boislève
  • « Ad Æternam », par J.-P. Guillon
  • Rencontre avec Jacques-Yves Le Toumelin, par M. Fourré
  • L’Aventure de Melle, par Ph. Landreau
  • Quai des Luisettes, par J.-P. Saulnier

ÉCHOS ET NOUVELLES


-Soirée Fourré à La Lucarne des Écrivains

-Alain-Pierre Pillet

-Adieu au marquis



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Le Mot du Président

Voici donc ce Fleur de Lune d’un printemps froid, le vingt-troisième d’une série déjà longue … Vous y trouverez matière à découvertes et à réflexions, qu’il s’agisse de l’actualité, avec la sortie de La Marraine du Sel, ou d’enquêtes sur un passé déjà séculaire – la préhistoire fourréenne, en quelque sorte – avec les aventures électorales vécues par Fourré à l’époque où il était le secrétaire du journaliste et homme politique Gaston Deschamps (ce qui, on le verra, n’était pas nécessairement un poste de tout repos), ou la plongée dans le paysage de son enfance, celui du quai des Luisettes, qu’il a habité – et qui l’a habité – toute sa vie durant, au point de donner ce nom de “Luisette” à l’une des ambassadrices du Rose-Hôtel.

Nous avons aussi le plaisir d’accueillir dans nos pages Jacques Boislève, qui défend ardemment la cause de Fourré sur le terrain angevin. À l’occasion du cinquantenaire de sa disparition, il a présenté à l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire une “relecture ” du Rose-Hôtel où s’ouvrent et se dévoilent de nouvelles perspectives. Quant à Jean-Pierre Guillon, comme toujours le nez au vent “de l’éventuel ”, il a fait de nouvelles connaissances, et découvert de singuliers croisements, vous verrez.

Mais hélas, il n’y a pas que la disparition, il y a un demi-siècle, de l’écrivain que nous aimons et défendons. Des morts plus récentes viennent de frapper l’association, qui avait déjà perdu tragiquement son trésorier, Claude Grimbert, il y a six ans. Et voilà que coup sur coup, en quelques semaines à peine, deux de nos membres disparaissent. Ils nous manqueront. Nous leur rendons hommage dans ce numéro.

Lisez, lisez, vous saurez tout. Et surtout, n’oubliez pas de venir écouter les textes de Fourré, le 27 mai prochain, à la librairie La Lucarne des Écrivains.

Maurice Fourré nous écrit …

C’est à la générosité de sa petite-nièce, Mme Natalie François, que nous devons cette belle lettre, retrouvée à l’occasion de rangements dans une bibliothèque, et écrite par Fourré deux mois et douze jours exactement avant sa mort, survenue le 17 juin de cette même année 1959. C’est la dernière que nous possédions de lui, peut-être la toute dernière qu’il ait adressée à son neveu Jean Petiteau, et l’on peut à bon droit la qualifier de testamentaire. Non que Fourré ait voulu y exposer solennellement ses intentions quant à sa-vie-son-œuvre – mais sa mort, que de toute évidence il n’imaginait pas si proche (ne venait-il pas de travailler, pendant l’hiver précédent, aux notes de préparation de son cinquième roman, Fleur-de-Lune – resté à l’état de projet – et n’avait-il pas noté sur ses tablettes, au tout début de l’année, ce vigoureux programme : « Préparer d'avance, pendant la confection de Fleur de Lune, deux ou trois thèmes et canevas de nouvelles, qui pourraient être mises en route, dès la clôture de Fleur de Lune – permettant ainsi de n'être pas à vide et inoccupé, à la sortie du moment tendu de l'exécution du roman, et utilisant, en outre, le mouvement de marche en avant vers la création, pouvant aussi tirer parti des non-dits ou insuffisamment-dits de l'œuvre qui vient brusquement de se clore ») lui apporte a posteriori cet éclairage.

Lire : Maurice Fourré nous écrit …

Parthénogénèse: À propos d'une réédition



Dialogue imaginaire

— … les personnages qui gravitent ici … sont vraiment et enfin les enfants

qu’eût pu sans tant d’ambiguïté reconnaître

Flaubert comme le fruit de sa passade avec Mme Bovary.

André Breton

Préface à La Nuit du Rose-Hôtel

— Madame Bovary, c'est moi.

Gustave Flaubert

— …!!!

Maurice Fourré, Tête-de-Nègre


“Fourré, c'est le Rose-Hôtel !” Intimidé (ou non) par le verdict d'exclusion prononcé par Breton contre un vieux poulain jugé collant, Julien Gracq, interrogé à la fin de sa vie, a tenu à en rester là. Au diable l'accolade un tant soit peu condescendante donnée dans La Forme d'une ville à son ancien voisin angevin, et le soutien confidentiel qu’il avait jadis apporté, dès 1951, au premier manuscrit de Tête-de-Nègre.

Lire : Parthénogénèse: À propos d'une réédition

« Je suis né à Nantes … »

La Nuit du Rose-Hôtel, de Maurice Fourré

Voici un demi-siècle, le 17 juin 1959, Maurice Fourré mourait de sa belle mort, passant de vie à trépas en douceur pendant sa sieste, à son domicile angevin. Qui se souviendrait encore de lui aujourd’hui, sans ce livre singulier qui restera à jamais attaché à son nom : La Nuit du Rose-Hôtel ?

Lire : « Je suis né à Nantes … »

La Marine du Sel

Je crois moins sentir en Jules Verne le poète des mécaniques nouvelles et de déplacement voyageur qu'un poète hanté de poésie cosmique.

Maurice Fourré

Revue Arts et Lettres, numéro spécial consacré à Jules Verne sous la direction de Michel Carrouges et Michel Butor (n° 15, année 1949)

Reproduit par Jean-Pierre Guillon dans le numéro IX de la revue Mélusine (février 1990) avec deux lettres de Fourré à Mme Guillon-Verne, petite-nièce de l’écrivain, datées de 1950 et 1951

Lire : La Marine du Sel

Ad Æternam

Mon actualité à la mode Fourré : Le Toumelin, Le Gac, etc.


Le hasard a joué un si grand rôle dans ma vie …

G. de Nerval


Comme il ne faut compter sur aucune instance officielle (universitaire ou autre) pour élargir notre connaissance de Maurice Fourré – j’en sais quelque chose, et je pense bien y revenir un jour – force est de s’en remettre à la vie comme elle passe, et à ses errances. C’est ainsi que, sans l’avoir cherché, deux évènements en eux-mêmes anodins allaient me ramener à lui de façon inopinée. Cela avait déjà été le cas, en août 1966, pour ma découverte du Rose-Hôtel à l’enseigne parisienne du Minotaure, et je m’en suis fait, concernant notre poète (avec d’autres, il est vrai, comme D.A.F. de Sade) non pas une règle d’or, valable pour tous et dans tous les domaines de la recherche, ce qui serait absurde, mais une règle de vie.

Lire : Ad Æternam

Rencontre avec Jacques-Yves Le Toumelin

capitaine courageux et Ulysse croisicais


L’année dernière, la bonne occasion m’avait été donnée, ou plutôt l’avais-je un peu provoquée, d’échanger quelques propos directs sur les quais du Croisic,avec le célèbre navigateur à voile J.Y. Le Toumelin, qui s’apprêtait à repartir pour un périple solitaire dans la mer des Caraïbes, après avoir fait le tour du monde sur le « Kurun ».

Le désir m’était resté de reprendre la curieuse conversation, lorsque me le permettrait la chance d’un retour dans l’attachant port croisicais.


J.-Y Le Toumelin, « l’Ulysse croisicais », vers 1955

Lire : Rencontre avec Jacques-Yves Le Toumelin

L'aventure de Melle

Quelques précisions …

sur le paysage politique au moment de « l’aventure de Melle »


Gaston Deschamps fait partie de la nébuleuse de l'Alliance républicaine démocratique (il siégera après son élection de 1919 dans le groupe des Républicains de gauche). Cuny, autre patron de Fourré, siège de 1910 à 1914 avec la Gauche radicale (comme Rougier, élu contre Deschamps en 1910).

Les fréquentations de Fourré se trouvent dans le camp “progressiste”, opposé aux antisémites, et partisan d'avancées sociales (évidemment bien timides). Le partage se fait surtout à l'époque entre les républicains et la réaction, celle-ci allant des monarchistes (nous sommes en terre de Chouans) aux cléricaux et aux nationalistes antidreyfusards *.

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Quai des Luisettes

Un de nos précieux correspondants d’Angers, Jean-Pierre Saulnier, érudit et collectionneur, nous a communiqué en détail les résultats de ses recherches, sur l’importante entreprise qu’était la quincaillerie Fourré, et aussi sur l’évolution du paysage, si fondamentalement fourréen, du quai des Luisettes, devenu quai Gambetta, que l’écrivain a habité jusqu’à sa mort en 1959. On y découvrira notamment la liste des bateaux-lavoirs qui y étaient amarrés en permanence : elle constitue en elle-même un poème qui aurait pu à bon droit figurer dans les pages du Rose-Hôtel ou du Caméléon … C’est aussi pour faire découvrir au lecteur ce quai des Luisettes, tel qu’il était dans l’enfance de Fourré, que nous avons reproduit ci-après le bel en-tête de la société Cointreau, dont les bureaux existaient encore, il y a peu, au même endroit (peut-être y sont-ils toujours ?)

Lire : Quai des Luisettes

ÉCHOS ET NOUVELLES

Alain-Pierre Pillet

Adieu au marquis

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