La nuit du Rose-Hotel

C'est en vain qu'à Montparnasse un ordinaire hôtel de passe tente de se faire passer pour pension de famille respectable. Un horrible jour de juin 1922, la brigade des mœurs vient mettre le nez dans ses affaires. De l'entrée aux combles, le Rose-Hôtel rougit de confusion. Quelle dénonciation calomnieuse a-t-elle bien pu le frapper ? À l'envisager, par-delà toute référence implicite à l'Art poétique de Boileau, sous l'angle onomastique qui convient à la poésie jusque dans le roman sat(y)rique, le Rose-Hôtel, c'est l'AUTEL d'EROS. Mais de quel éros s'agit-il au juste ? Aux antipodes de toute description réaliste, l'érotisme de Fourré, nourri de suggestions insidieuses, est un érotisme fourré. Pour dévoiler les mécanismes les plus secrets du désir, nichés dans les replis de la perversité mentale, il fait la part belle aux effets de langue. Regorgeant de qualificatifs baroques, sa langue elle-même est fourrée : "Le matou phosphorescent invite la chatte tigrée sur la glissante passerelle du zinc" (Le Nouvel Attila, n°5à7). Aux antipodes de toute linéarité chronologique, la suite des chapitres se déroule comme une suite de tableaux rêvés sur la scène du théâtre de la vie, dont l'annonce est elle-même un poème.



Table & extraits:

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La Marraine du Sel

Au cours de l'agonie de sa maîtresse Mariette Allespic, Clair Harondel, "représentant en fanfreluches joyeuses et funèbres", exorcise peu à peu, dans la cité géométrique de Richelieu (Indre-et-Loire), les charmes ensorceleurs de cette "Marraine du sel", empoisonneuse par amour de son brave mercier de mari, qui menace désormais sa propre fille Florine, accourue des États-unis à son chevet, et Clair lui-même, en proie à de sombres réflexions consacrées à la faillite de toute vie conjugale, après s'être réveillé da la passion amoureuse qui risquait de l'anéantir. De telles réflexions, qu'il partage avec feu Abraham Allespic, plus "libraire" que mercier, sont aussi celles de l'auteur lui-même, qui, pour se consoler de ses propres déceptions éditoriales et autres, relit Madame Bovary à la lumière de Rabelais, Montaigne et Montesquieu, ses auteurs de chevet, tandis que son héros leur préfère Dumas et Jules Verne, dans un volume duquel il déchiffre l'annonce de sa propre mort. À l'époque de l'essor historique du "Nouveau roman", cette conception du héros victimisé comme lecteur fait involontairement écho à la Recherche du temps perdu dans la prise de conscience par Fourré de sa propre modernité littéraire, en marge d'un surréalisme blanchi sous le harnais.

Réédition aux Editions de l'arbre vengeur, avec une préface de Bruno Duval, avril 2010.

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Tête-de- nègre

Au coeur de la Bretagne, dans la vallée du Blavet, le drame se noue autour du mystérieux baron de Landivic au visage recouvert d'un masque Tête-de-Nègre. Sa mort, assassiné par son double.

Satrape impénitent, le baron Déodat de Languidic se plaît, au cours d'orgies dans la grande salle de son château de Gouarec, dans la vallée du Blavet (Morbihan), à arborer un masque de cuir collé à la peau. C'est le signe distinctif de la puissance illimitée que les négriers nantais ont cru s'attribuer jadis en faisant le commerce du bois d'ébène. Dans la réalité actuelle, "Tête-de-Nègre" persiste à entretenir des relations incestueuses avec sa petite-fille Soline. En osant défier son hôte de fortune, un jeune blanc-bec amoureux de Soline dont sa double personnalité (Hilaire/Basilic Affre) faisait le désespoir de son propre père, Amédée, à Château-Gontier (Mayenne), réussit, tel un chevalier du Moyen-âge, à conjurer la malédiction ancestrale qui pèse sur le château, hâtant ainsi l'assassinat du baron par son double, "Tête-de-Nègre". "Monsieur Maurice", qui, dès le début du récit, offre à sa petite amie peintre Jobic des croquettes à l'anis, spécialité réelle de l'endroit, et des cartes postales licencieuses, voilà le profil perdu de l'auteur lui-même, courant la prétentaine au volant de la camionette empruntée à l'entreprise familiale.


Le septieme numéro de Fleur de Lune est consacré à Tête-de-nègre


Le caméléon mystique

A une génération de distance deux narrateurs, Pol Hélie - le fils  - et Dominique Hélie - le père effectuent le même parcours parmi le grand Ouest à la recherche d'un leurre mais sous les injonctions triomphantes des images ancestrales. Le changement de narrateur au cours du récit donne son caractère particulier à l'oeuvre.



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