FLEUR DE LUNE N°21

avril 2009

Spécial cinquantenaire de la mort de Maurice Fourré(1876-1959)


Le mot du Président


  • Paroles d’évangile, l’ancien et le nouveau, interview de Michel Butor
  • Les Éblouissements … , le spectacle de Claude Merlin a dix ans

  • Être Angers … en perm’ à Nantes, découverte des lettres adressées par Maurice Fourré à Julien Gracq
  • Un Fourré peut cacher un Roché, et inversement 




ÉCHOS ET NOUVELLES :


Regards croisés sur Richelieu (C. Jouhaud)

Progrès en recherche assez lents (B. Duval)

Quaternité (R. Schulz)

Notes, ou la coquille de Breton (J.P. Guillon)

Fourré vu d’Anjou, (G. Cesbron)

Fourré et Niort (J. Simonelli)

Portraits oupeinpiens (T. Bastit, G. Orrimbe)



Les textes de ce numéro sont disponible au format pdf (clic!)

Le mot du Président

Mille neuf cent cinquante neuf

Oui, il y a cinquante ans, le 17 juin 1959, Maurice Fourré s’apprêtait à fêter, dix jours plus tard, son quatre-vingt-troisième anniversaire. Il est probable qu’il avait pensé à réunir, comme le voulait une tradition établie de longue date déjà, quelques-uns de ses amis autour d’un guéridon ou d’une table bien servie, à la Brasserie du Boulevard : la photo que l’on découvrira dans le présent numéro de Fleur de Lune en fait foi, de même que le témoignage de Michel Butor, qu’elle accompagne. Le 17 juin, donc, la journée étant belle et chaude, déjà presque estivale, Maurice Fourré s’en est allé faire une petite sieste chez lui, au 23, quai Gambetta – et n’en est jamais revenu.

Il est donc bien logique que cinquante ans plus tard, nous consacrions, en cette date anniversaire de sa mort, un numéro un peu spécial de Fleur de Lune à sa mémoire. C’est en outre le numéro 21, 21 comme le solstice d’été célébré dans la Nuit du Rose-Hôtel, un 21 juin que cette année-là, Fourré a raté, de quatre jours.

Numéro particulièrement riche et copieux, donc. Vous y trouverez les souvenirs de Michel Butor sur Fourré et sur la publication du Rose-Hôtel ; et aussi tout un dossier sur le magnifique spectacle que Claude Merlin avait monté il y a dix ans, à partir des quatre romans de Fourré, Les Éblouissements de Monsieur Maurice ; et puis d’étranges correspondances entre deux vies assez différentes, mais qui s’achèvent toutes deux en cette même année 1959, celle de deux vieux messieurs de la littérature de ce milieu du XXème siècle … Quoi encore ? Eh bien, les rapports entre Maurice Fourré et Julien Gracq, éclairés par les lettres du premier au second, correspondance qui vient, fort heureusement, d’être acquise par la médiathèque Jacques Demy de Nantes. Et bien d’autres choses encore.

Un cinquantenaire, ça se fête. Et ce numéro 21 de Fleur de Lune sera présenté à ses lecteurs le samedi 16 mai, à l’occasion d’une soirée Fourré où l’on pourra découvrir ou redécouvrir tout ce que l’AAMF et ses membres ont conçu autour de son œuvre – du théâtre avec Claude Merlin et ses comédiens des Éblouissements  ; du cinéma avec le documentaire que lui a consacré Bruno Duval, Chez Fourré l’ange vint  ; des dessins et des peintures inspirées à Tristan Bastit par les romans de Fourré, des collages-Fourré signés Jean-Pierre Guillon … le tout autour d’un buffet, angevin, bien sûr, et de quelques fillettes de Saumur-Champigny et de rosé d’Anjou. Et où se passeront ces agapes ? Eh bien, chez un jeune homme qui lui aussi s’en est allé, en cette année 1959, non pendant sa sieste, mais en regardant – sans plaisir - un film tiré d’une de ses œuvres. Oui, vous avez deviné, ça se passera chez Boris Vian, cité Véron, à Montmartre.

Ce sera aussi l’occasion d’annoncer une bonne nouvelle : pour la première fois depuis cinquante ans, on va rééditer un titre de Fourré, devenu introuvable : La Marraine du Sel sera à nouveau disponible en librairie. Et croyez-le, pour tous ceux qui, à l’AAMF, se battent pour tirer cette œuvre de sa gangue d’oubli, ce genre de nouvelle se déguste comme un bulletin de victoire.


Champagne !

Paroles d’évangile: l’ancien et le nouveau

Maurice Fourré vu par Michel Butor

I. Histoire d’un entretien

C'était vers la fin de l'année 1998. Après la clôture d'une première série de représentations des Éblouissements de Monsieur Maurice, adaptation par Claude Merlin des quatre romans de Maurice Fourré, mise en scène par son auteur au Lavoir Moderne Parisien, je venais de consacrer mes vacances au tournage, avec Béatrice Dunner, d'un film sur Maurice Fourré, destiné à garder les traces de ce spectacle en le confrontant à la réalité géographique des lieux hantés par l'auteur de la Nuit du Rose-Hôtel. Et en tout premier, la Colonne Saint-Cornille, dans la réalité la Tour de Cornillé, repérée grâce à un ami artiste qui exposait tout près de là, dans les locaux de l'entreprise vinicole Bouvet-Ladubay, à Saint-Hilaire-Saint-Florent, dans les environs de Saumur : réputé pour ses œuvres en plaques minéralogiques, Joël Ducorroy était hébergé à cette occasion par sa cousine Ghislaine, qui habitait La Tuffière, à deux pas du domaine des La Martinière, propriétaires de la Tour, et qui eut la gentillesse de me les présenter.

Lire : Paroles d’évangile: l’ancien et le nouveau

Les éblouissement de Monsieur Maurice (1999)

Les Éblouissements ont dix ans


… et pour marquer le coup, voici tout un dossier de textes et d’images. Les textes sont pour la plupart inédits, sauf, bien sûr, les deux articles parus en leur temps dans des journaux parisiens. D’autres textes sur Les Éblouissementsont été publiés dans la revue Frictions , en 1999, dont celui de Jacques Jouet que faute de place, et à notre grand regret, nous n’avons pu publier ici, mais que le lecteur intéressé retrouvera facilement. Quant aux images, ce sont les belles photos prises à l’époque par Marion Cohen et Thierry Gründler. Puisse ce dossier donner envie à quelque producteur de remonter ce magnifique spectacle, trop vite passé sur les scènes parisiennes.

Lire : Les éblouissement de Monsieur Maurice (1999)

Être Angers … en perm’ à Nantes

Les lettres de Maurice Fourré à Julien Gracq


Le 12 novembre 2008, en l'Hôtel des ventes de Nantes, a eu lieu, sous la baguette des commissaires-priseurs Couton & Veyrac, la dispersion de la succession Julien Gracq (1910-2007) : livres, correspondances, tableaux, mobilier. Au catalogue illustré, publié chez Ivoire, ne figurait aucun ouvrage de Fourré – que sont donc devenus les exemplaires dédicacés par l'auteur à son premier découvreur ? – mais, sous le numéro 123, un lot de deux "lettres avec signatures" datées d'avril-mai 1949. Dix-sept autres lettres, découvertes un peu plus tard, et allant jusqu'à 1952, sont venues compléter ce lot : c’est très probablement la totalité (dans le sens Fourré Gracq) de la correspondance échangée entre deux hommes qui s'étaient découverts avec émerveillement par l'entremise d'un troisième - Stanislas Mitard, Procureur de la République au tribunal d'Angers, puis de Nantes -, avant de se perdre de vue. Avec la correspondance Breton-Fourré, le parallèle est flagrant, à cette différence près qu'à l'exception de la toute première, reproduite dans le numéro 20 de Fleur de Lune , les lettres de Gracq à Fourré n'ont pas encore été retrouvées. Aucune d'entre elles ne semble avoir figuré au catalogue d'une vente publique. À cette différence, aussi - et elle est, pour nous, de taille - que nulle disposition testamentaire n'interdit la publication des lettres de Fourré à Gracq. Malheureusement, l'espacement (du fait de Breton) des relations Breton-Fourré, après la parution du Rose-Hôtel , en 1950, semble avoir déteint sur Gracq, qui, très vite, a cessé de lui écrire, se contentant des nouvelles de Fourré que pouvait lui donner l’ami Mitard, son fidèle partenaire aux échecs.

Lire : Être Angers … en perm’ à Nantes

Un Fourré peut cacher un Roché

(et inversement)


….  Je connais un autre exemple de vieil écrivain comme ça, qui entre sur la scène littéraire à un âge déjà avancé, c’est Henri-Pierre Roché, vous voyez, l’auteur de Jules et Jim. Au moment où Fourré et lui publient leur premier livre, eh bien (Roché, c’est vrai, avait déjà fait quelques petites choses auparavant), j’entends leur premier livre important, ils ont le même âge. Ce sont évidemment des exceptions…. 


Ainsi s’exprime Michel Butor, il y a plus de dix ans, évoquant 15ses souvenirs de Maurice Fourré et de la naissance du Rose Hôtel. Il est le premier à établir ce parallèle qui pourtant saute aux yeux : Maurice Fourré et Henri-Pierre Roché ont tous deux, après une vie bien remplie, voulu prendre la plume pour raconter, sur des registres et avec des moyens au vrai assez divers, les expériences d’une vie qui avait, dans les deux cas, été longue, et riche en péripéties et en rencontres.

Lire : Un Fourré peut cacher un Roché

ECHOS ET NOUVELLES

  1. Regards croisés sur Richelieu  (C. Jouhaud)

  2. Progrès en recherche assez lents (B. Duval)

  3. Quaternité (R. Schulz)

  4. Notes, ou la coquille de Breton (J.P. Guillon)

  5. Fourré vu d’Anjou, (G. Cesbron)

  6. Fourré et Niort (J. Simonelli)

Lire : ECHOS ET NOUVELLES

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