FLEUR DE LUNE N° 18

quatrième trimestre 2007


• Le mot du Président

• De l’effleurement comme art de dire et de vivre chez Maurice Fourré, par A. Tallez

• De, et sur, Maurice Fourré : documents dispersés, par J.P. Guillon


ÉCHOS ET NOUVELLES

• Traces (I) : Fourré/Audry, nouvelles révélations

• Une nouvelle tour de Cornillé ?

• Correspondances

• Traces (II) : De Tête-de-Nègre à Tête de Nègre




Les textes de ce numéro sont disponibles au format pdf (clic!)

Le mot du Président

La vulgate surréaliste a longtemps colporté, dans le sillage de Philippe Audoin, une image de Fourré "rêveur définitif", bon à rien sinon à pondre, sur le tard, quelques chef-d'œuvres toujours méconnus et destinés à le rester.

Quelle sera, en 2009, la commémoration du cinquantième anniversaire de la mort de Fourré ? Il y a fort à craindre que, comme la guerre de Troie selon Giraudoux (un de ses contemporains que, d'après son ami Debroise, Fourré aimait à lire), elle n'ait pas lieu … si l’A.A.M.F ne s’en mêle pas. Réfléchissons-y.

Plus encore que les précédents numéros de Fleur de Lune, ce dix-huitième - conçu et, en grande partie, réalisé dans le dix-huitième arrondissement de Paris - apporte, y compris sous la plume de Fourré lui-même, quelques retouches à cette image. Entre ses deux carrières littéraires, notre beau parleur a géré, non seulement avec conscience, mais encore avec cœur, plusieurs entreprises menées, avant la Grande Guerre, par des députés d’obédiences diverses - mais toujours modérées.

Après avoir mûrement réfléchi, notre ex-président mais toujours membre actif Alain Tallez nous livre sous le titre de L’effleurement comme art de dire et de vivre chez Maurice Fourré, le fruit de sa lecture approfondie de Promenade à la rencontre du soleil, une nouvelle autobiographique et surtout poétique publiée dans le numéro 16 de Fleur de Lune. Sous le sourire réjoui de l'excursion automobile en pays ami, il se plaît à noter l'affleurement d'une mélancolie liée à l'inévitable fin du voyage, prévisible dès son début.

Vous avez dit mélancolie ?

Ses amis ont trop vite quitté Fourré. Même ses amis à titre posthume comme Gazeau (Dominique), son premier exégète en 1975, dans les colonnesd'Ouest-France. Pas mal de naïvetés et d'erreurs de détail, dans l’article que J.P. Guillon a déniché et nous présente dans ces colonnes, mais aussi un flair indéniable pour risquer l'escapade hors du tout-venant de la lecture. De nos jours, où le succès immédiat a force de loi, ce serait encore plus méritoire.

La mélancolie étreignait aussi Colette Audry au souvenir de Fourré, dont elle évoque la mémoire dans plusieurs de ses livres, autobiographiques eux aussi. Parente d’un Président de la (Troisième) République, Colette était engagée, aux côtés de Sartre et Beauvoir, dans le militantisme de gauche. Ça ne l'empêchait pas, comme tout le monde, de regretter le temps perdu, le temps enfui.

Voici un moment déjà, le romancier Daniel Picouly rendait, dans les colonnes du Monde, un hommage involontaire à …Tête de nègre.

Pour qu'il devienne volontaire, il ne lui manque que les traits d'union.


Bref, lisez (et faites lire) Fleur de Lune n° 18, et vous comprendrez tout.

De l’effleurement comme art de dire et de vivre chez Maurice Fourré

ou l’impossible rencontre du soleil



« Nous sommes liés de plus près

à l’invisible qu’au visible » Novalis


Maurice Fourré peignit-il plus intensément une vie d’homme occidental contemporain, ailleurs que dans cette courte nouvelle de modeste tournure, où il raconte sa course effrénée « … à la rencontre du soleil » ? 1 Aurait-il ainsi fait œuvre de sociologue ? En eut-il conscience ? C’est peu probable, tout occupé qu’il dut être à sculpter une petite virtuosité littéraire.

Lire : De l’effleurement comme art de dire et de vivre chez Maurice Fourré

De, et sur, Maurice Fourré: Documents dispersés

(Fourré lui-même, Dominique Gazeau et Alain Debroise, présentés par Jean-Pierre Guillon)



Concernant l’existence de Maurice Fourré avant la sortie de La Nuit du Rose Hôtel (trois quarts de siècle tout de même, ce n’est pas rien !), on savait jusqu’ici peu de chose. Dans les pages 36-39 de son étude parue au Soleil Noir (1978) Philippe Audoin en dit quelques mots, mais qui se limitent à l’essentiel, et sans s’appesantir sur les détails. Lui-même m’a dit tenir les renseignements qu’il venait de consigner de proches et d’amis de l’auteur, mais qu’il avait connus et fréquentés longtemps après sa lointaine jeunesse.

Lire : De, et sur, Maurice Fourré: Documents dispersés

Traces (I) : Fourré/Audry

Nouvelles révélations


Lire : Traces (I) : Fourré/Audry

Une nouvelle tour pour Cornillé?

Saint Cornille, dont les ambassadeurs du Rose Hôtel vénèrent l’effigie, soigneusement occultée par un petit rideau (comme L’origine du monde de Courbet, du temps que Lacan en était propriétaire) dans le salon de Madame Rose, n’est plus seul dans son genre. Le voici désormais en compagnie de Saint Bitochon.

Saint Bitochon ? Consultons le très savant Dictionnaire des saints imaginaires et facétieux. Voici ce qu’il en dit :


Lire : Une nouvelle tour pour Cornillé?

Correspondances



Jean-Pierre Guillon, membre fondateur de l’AAMF, ancien président d’honneur et archiviste-paléographe de l’association, vient de publier, à titre personnel, une jolie brochure :



L’ouvrier qui tâtonne dans les ténèbres

Correspondance Gaston Chaissac/Maurice Fourré



que l’on lira avec plaisir et profit.

On se la procurera chez l’auteur, 5, mail Anne-Catherine, 35000 Rennes.



Traces (II) De Tête-de-Nègre à Tête de Nègre


Notre membre correspondant dans les Alpes de Haute Provence Rémi Schulz, féru de littérature policière (ou mieux, criminelle), nous adresse une nouvelle de Daniel Picouly soigneusement découpée (et reconstituée en cahier) dans un numéro du Monde de l'été 1995 avec, en couverture pseudo Série noire, son titre, Tête de nègre (sans traits d'union), qui a fait ultérieurement l'objet d'une publication en librairie. Aucun rapport, bien sûr, avec le troisième roman (publié lui aussi chez Gallimard, mais en collection Blanche, en 1959) de Maurice Fourré, auteur dont il n'a jamais été question, en bonne ou en mauvaise part, dans le Monde (des livres). Réédité en 1981, le titre de Fourré, comme on vient de le voir, n'est même pas protégé dans sa propre maison. On s'en doutait un peu, vu le sort réservé à notre auteur, parmi bien d'autres "mauvais vendeurs", par l'orientation délibérément commerciale des anciennes éditions de la Nouvelle revue française.

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