FLEUR DE LUNE N° 17

premier semestre 2007

Numéro spécial

Dixième anniversaire de l'AAMF


  • Le mot du Président

  • Dix ans déjà, suivi de Compte-rendu fourre-tout tout fou de la réunion fondante, par Bruno Duval

  • Ombres perdues et retrouvées, par Claude Merlin

  • Des tours de Mélusine au Bois de l'Ermite : Fourré dans le bocage, par Jacques Simonelli

  • Interview de Fourré dans la Nouvelle République du Centre-Ouest, du 7 mars 1950

  • Fourré avant Fourré (II), par Jean-Pierre Guillon

  • Retour à Carrouges : annonce par Fourré de la conférence sur le surréalisme donnée à Angers, et son compte-rendu, dans Le Courrier de l'Ouest, février 1950.



ÉCHOS ET NOUVELLES


Fourré en librairie

Fourré chez Attila

Richelieu sans Fourré



Les textes de ce numéro sont disponibles au format pdf (clic!)

Le mot du président


Le printemps est là, et l'AAMF a dix ans.

Dix ans, c'est un peu plus que l'âge de raison, mais ce n'est guère encore que l'enfance. Cependant, pour une association, dix ans, c'est déjà une jolie survie. Si la nôtre a connu autour de son berceau - et aussi par la suite - beaucoup de fées bien intentionnées et de bonnes volontés enthousiastes, elle a eu à lutter - et aujourd'hui plus encore qu'hier, semble-t-il - contre l'oubli, l'indifférence, voire l'hostilité. Et pourtant, elle a continué, contre vents et marées, à défendre et promouvoir l'œuvre de son grand homme. Bruno Duval trace à grands traits l'historique de ces dix ans dans l'article qui ouvre ce numéro. Le bilan n'est pas globalement négatif.

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Dix ans déja

Pour contribuer à la célébration en grande pompe des dix ans de l'Association des amis de Maurice Fourré, pourquoi, me suis-je dit, ne pas reproduire, mot pour mot, mon propre compte-rendu, resté inédit, de la réunion fondatrice de ladite, au sein de laquelle je remplissais alors l'ingrate fonction de secrétaire. Il est daté du 6 décembre 1996. Depuis, il serait regrettable de soutenir que rien n'a changé, hormis la disparition, bien plus regrettable encore, de notre trésorier d'alors, Claude Grimbert, ami de toujours, et pour toujours, de notre président-fondateur, Jean-Pierre Guillon. Autour de ce dernier, d'illustres bienfaiteurs s'étaient penchés sur les fonts baptismaux de l'AAMF, parmi lesquels Julien Gracq, qui continue à suivre avec attention nos efforts pour raviver la mémoire de celui qu'il a révélé à Breton (dont la fille, Aube Elleouët), nous apportait, elle aussi, son soutien. Premier fande Fourré avec son ami Michel Carrouges, Michel Butor a de son côté accepté de nous livrer son témoignage personnel sur Fourré, désormais recueilli parmi nos archives audiovisuelles, avec celui de la petite-nièce de l'auteur. Encouragés par ces parrainages prestigieux, nous avons donc pu concocter, en dix ans, dix-sept numéros de notre bulletin, dont le contenu et la présentation se sont peu à peu renouvelés et, dans la mesure du possible, améliorés.

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Ombres perdues et retrouvées


Je mets la vie imaginaire plus haut que la vie réelle

Robert Walser


... et les ombres voltigent

Homère


Des premiers essais littéraires de Maurice Fourré, datant de sa jeunesse, seules ont pu être retrouvées et rééditées les nouvelles Patte de Bois etUne conquête. Il en est au moins une troisième, dont l'existence est attestée, intitulée Une ombre. Malgré tous nos efforts à guetter la surprise de sa redécouverte, et plus encore à la forcer, elle continue de manquer désespérément à l'appel. Notre attente fut une fois de plus déçue par une récente démarche angevine d'Alain Tallez.

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Des tours de Mélusine au bois de l'ermite: Fourré dans le bocage


L'univers sensible de Maurice Fourré, réseau subtil de senteurs, de saveurs, de sonorités, de souffles aériens et de lumières alternant avec les brumes et les bruines des pays de l'Ouest, où le conduisaient ses rêveries portées - Loire, Seine - par le courant des fleuves, s'est d'abord tissé pendant l'enfance niortaise de l'écrivain, durant les "inoubliables vacances du cœur" à l'occasion desquelles ses parents, prenant le train en gare d'Angers, l'accompagnaient à Niort, "trois fois par an et à toutes les vacances scolaires", chez sa grand-mère Philiberte, dont la maison et le jardin, situés sur le rocher portant la ville haute, dominaient les vestiges des anciens remparts.

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interview de Maurice Fourré

Poète à l'âme sensible, M. Maurice Fourré, auteur de la Nuit du Rose-Hôtel évoque ses souvenirs d'enfance …

… que la ville de Niort sut entourer de sourires, d'eaux vives, de soleil et de fleurs.


M. Maurice Fourré, que notre excellent collaborateur et ami R-G. Marnot a su présenter de si élégante façon à nos lecteurs du Maine-et-Loire à l'occasion de son livre La Nuit du Rose-Hôtel est un bon bourgeois angevin. Mais s'il reste fidèle à sa patrie d'adoption, il ne renia jamais la ville qui berça son enfance : Niort.

L'écrivain aux belles manières et à l'âme sensible a précisément eu la délicate pensée de nous adresser, rassemblés en quelques lignes au travers desquelles passe une douce poésie, quelques souvenirs. Écoutons le Maître.



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Fourré avant Fourré II


par Jean-Pierre Guillon


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Retour à Carrouges


Dans son numéro 3, paru en mars 2000, Fleur de Lune, naïvement soucieux de donner des gages de notoriété à la défense et à l'illustration de Maurice Fourré, avait porté à la connaissance de ses lecteurs l'étude fondatrice de Michel Carrouges sur La Nuit du Rose-Hôtel recueillie dans la première édition, (épuisée) de ses fameuses Machines célibataires (Arcanes, 1954), ainsi qu'un article du même sur La Marrainedu sel paru dans Le Courrier de l'Ouest du 17 janvier 1956 et sa dédicace imprimée "à Maurice Fourré" de son roman Les Grands-pères prodiges(Plon, 1957). Ça n'était pas grand-chose, mais c'était quand même quelque chose.

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Fourré en librairie

À la suite d'un contact personnel, ranimé à la faveur du dernier Salon de la Revue, avec le directeur de l'Atelier du Gué(Aude), maison spécialisée dans la publication de textes courts de tous les temps et de tous les pays, notre fondateur Jean-Pierre Guillon, "éditeur scientifique" du Caméléon mystiqueet de Patte-de-Boischez Calligrammes (Quimper) et d'Une Conquêteau Fourneau (Paris-Vannes), a enfin réussi à mettre sur pied, sous le titre Promenades et anecdotesangevines, son vieux projet éditorial de réunir tousles textes de Fourré, chroniques, promenades et nouvelles, parus dans la presse régionale de l'Ouest entre 1949 et 1959.

Issus, pour l'essentiel, du Courrier de l'Ouest, la plupart de ces textes ont déjà été réédités, par les soins de l'AAMF, dans Fleur de Lune, qui ne compte, on le sait, qu'un trop petit nombre de lecteurs pour leur avoir assuré la diffusion qu'ils méritent. Souhaitons que, depuis les environs de Carcassonne, où ils sont établis à demeure, les Ateliers du Gué contribuent à étendre, de région en région, l'audience d'un auteur éminemment régional, même si, de son vivant, l'estampille parisienne fut indispensable au lancement de son feu d'artifice (dont les retombées n'obtinrent d'ailleurs guère de retentissement sur la notoriété personnelle de l'auteur dans sa ville natale). Et rêvons que cette salve d'inédits à paraître d'ici peu puisse conduire, dans un proche avenir, tel ou tel éditeur parisien ou régional à tenter l'aventure des Œuvres complètes, voire de la Correspondance, dernières étapes vers la légitimation culturelle d'un auteur si cruellement méconnu.

Fourré chez Attila

Après un long siège, Bruno Duval a enfin réussi à caser dans Le Nouvel Attila, journal littéraire à la parution aussi irrégulière que le sont, par impossibilité de classement, les auteurs qu'il s'ingénie à révéler, un papier (de couleur rose) sur Fourré. Sous le signe affiché de l'érotisme, Fourré y voisine avec Pierre Louÿs et l'Arétin, alors que, comme on dit, le corps (de couleur blanche) du numéro est principalement consacré à Jacques Abeille, l'auteur des Jardins statuaires, opportunément réédité par Joëlle Losfeld. De père en fille, le Terrain vague y retrouve les siens, et leur partie liée de longue date avec le surréalisme comme avec l'érotisme (un doigt d'ésotérisme ne messied pas). "Grand-oncle de province apportant des cadeaux", selon l'expression employée à son sujet par Butor, Fourré serait-il enfin, sous la houlette de Benoît Virot, accueilli dans sa véritable famille ?


C'est en vain qu'à Montparnasse un ordinaire hôtel de passe tente de se faire passer pour pension de famille respectable. Un horrible jour de 1922, la brigade des mœurs vient mettre le nez dans ses affaires. De l'entrée aux combles, le Rose-Hôtel rougit de confusion : quelle dénonciation calomnieuse a-t-elle pu le frapper ? ...


Découvrez la suite dans Le Nouvel Attila, numéro 5-7, disponible dans toutes les bonnes librairies.

Richelieu sans Fourré

Dans son numéro 5 ("ancienne série") Nouvelles Hybrides, revue qui nous en fait voir de toutes les couleurs, s'enchante d'avoir découvert qu'à Richelieu (Indre-et-Loire) la rue Jarry s'inscrivait, avec une belle opportunité pataphysique, dans le prolongement de la rue du Collège. À la bonne heure! Mais comment, avec sa culture encyclopédique, Etienne Cornevin, responsable de la revue, peut-il donc ignorer que la "Cité du Cardinal" a été, en littérature, portée sur les fonts baptismaux par telle Marraine du sel, sortie toute armée du cerveau d'un ancien lecteur de Jarry, dont il a lui-même mis en exergue à la troisième partie de Tête-de-Nègrele MOTle plus célèbre. À quand, dans cette ville aujourd'hui en déshérence, pour jouxter celle "du Collège", une "rue Maurice Fourré", voire, pour commémorer le siège de fortune (actuellement relégué, pour cause de travaux) qu'elle fournit à notre auteur lors de sa fameuse excursion en ces lieux, une "Fontaine Maurice Fourré" ?

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