FLEUR DE LUNE N°16

deuxième semestre 2006

...du Président

Maurice Fourré, le génie des lieux

  • - Allez... on part par Bruno Duval

  • Promenade à la rencontre du soleil par Maurice Fourré

  • Fourré de vive voix : Fourré et Niort, deux articles sur Maurice Fourré découverts par Jacques Simonelli


Échos et nouvelles

Fourré au salon

Fourré aux Blancs-Manteaux, par J.P. Guillon

Lettre à Maurice Fourré, par P.A. Gette

Tous à vos postes ! (Fourré à la radio)



Les textes de ce numéro sont disponibles au format pdf (clic!)

… du Président


Le traditionnel "mot du Président" ne sera pas aujourd'hui de sa plume : en effet, notre Président sortant (et non rempilant), Alain Tallez, empêché, l'a confiée à la Secrétaire. Donc, pas de dernier mot du Président, mais que l'on se rassure : Alain Tallez, le fourréen de toujours, le membre actif et enthousiaste de l'AAMF, reste présent au sein de l'Association, et les lecteurs de Fleur de Lune le retrouveront dès le prochain numéro pour un article où il sera question, notamment, de la férocité de Fourré et de quelques autres. Nous l'attendons au tournant avec impatience et curiosité.

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Allez...on part


Qu'en est-il de ce fameux "génie du lieu", qui échappe aux touristes en groupe autant qu'il se laisse volontiers capter par le promeneur solitaire mettant ses pas dans ceux de Jean-Jacques, de Gérard ou de tel ou tel adepte plus ou moins avancé, plus ou moins attardé, du romantisme, du surréalisme, voire du situationnisme (si l'avance ou le retard font partie du contrat, l'isthme n'est pas indispensable à son exécution).

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Promenade à la rencontre du soleil

pour saluer Rabelais et Richelieu

par Maurice Fourré



La température est devenue très supportable. On n'a plus le droit de se plaindre maintenant de la canicule qu'un orage mêlé de grêle a dissipée en quelques minutes bienfaisantes...

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Fourré de vive voix

C'est à la curiosité, à la patience et au flair de Jacques Simonelli, chercheur d'or niçois qui a fourni la teneur alchimique du dernier numéro de Fleur de lune, que l'on doit l'exhumation de deux interviews de Maurice Fourré parus, dans la presse du Maine-et-Loire, du vivant de son auteur de prédilection.

Lire : Fourré de vive voix

Fourré au salon

Les samedi 14 et dimanche 15 octobre derniers, Fleur-de-Lune était, pour fêter ses dix ans, présent pour la première fois au Salon de la Revue, à l'Espace des Blancs-Manteaux, où il partageait un stand avec la revue SUR, émanation du groupe surréaliste.

Parmi les bulletins d'associations d'amis d'écrivains, celui de l'A.A.M.F. côtoyait aussi, par le hasard de l'association symbolique du roman-poème et du roman poétique, celui de l'Association des amis d'Alain-Fournier (et de Jacques Rivière), avec lequel, entre autres, le nom de Fourré prête à confusion, l'ordre alphabétique jouant, ainsi que le classement des tirages, en faveur du premier.

L'ordre alphabétique ne primant pas ici, par-delà Alain-Fournier et son beau-frère, il y avait, toujours dans les rangs de la N.R.F., le bulletin de l'Association des amis de Paul Claudel, représenté par un de ses descendants, qui n'était pas sans accuser avec l'auteur de Tête d'Or un certain air de famille, et même, dans la ferveur, un certain esprit (maître d'œuvre des Éblouissements de M. Maurice, Claude Merlin, venu nous rendre visite comme bien d'autres amis de Fourré, avait lui-même joué un rôle dans Tête d'Or).

De l'autre côté, les Amis de Robert Desnos et ceux de Léon-Paul Fargue ne se sentaient pas, eux non plus, en mauvaise compagnie avec ceux de Maurice Fourré. C'est pourtant, au croisement de la travée, avec le responsable des Cahiers de Philippe Soupault que se nouèrent, (dégustation aidant) les plus fructueuses relations, même si, de leur vivant, le globe-trotter parisien et le cœur volant angevin ne se sont guère fréquentés, ni lus. Dans les années soixante, l'ancien co-auteur des Champs magnétiques aurait pourtant pu accorder, sur les ondes de la RTF, une place au "Rêveur définitif" dans son émission hebdomadaire Poètes oubliés, amis inconnus.

Grâce à notre présence permanente sur le stand, l'A.A.M.F. a pu resserrer les liens avec plusieurs de ses vieux amis, comme Paul-Armand Gette, qui nous a promis à cette occasion la couverture que vous pouvez admirer dans le présent numéro, Jacques Villeglé, qui, en galante compagnie, a fait l'emplette d'une splendide Cravate écossaise (FdL n° 11) ou Dominique Rabourdin, fourréen de la première heure, qui a jeté son dévolu sur l'hommage rendu à son ami Lanoë, à jamais perdu de vue (FdL n° 12-13)

En se promenant parmi les stands, le président en exercice de l'AAMF a même eu le plaisir de faire la connaissance de Jacqueline Chénieux-Gendron, à ce jour la seule universitaire à avoir jamais publié en librairie une étude sur Fourré (in Le surréalisme et le roman, L'Âge d'homme, 1983).

Fourré aux Blancs Manteaux

"La vie n'est qu'une nuit à passer dans une

mauvaise auberge"

Thérèse d'Avila, épigraphe de la

Nuit du Rose-hôtel



On vient de le lire, le seizième Salon de la Revue s'est tenu les 14 et 15 octobre 2006, jour de la Saint Just et de Sainte Thérèse d'Avila respectivement, sous la verrière de la Halle des Blancs-Manteaux, au Marais. L'AAMF s'y était présentée avec sa collection de bulletins au grand complet (de 1 à 15).

À seule fin de meubler les quelques (rares) minutes creuses qui se sont parfois présentées, j'ai tué le temps du mieux que j'ai pu en déambulant dans les travées, et en glanant des prospectus divers sur les tables les plus proches. J'ai ainsi rassemblé le matériau de quatre collages, chacun d'eux illustrant un des romans de Maurice Fourré. On trouvera reproduits dans le présent numéro La Nuit du Rose-hôtel et La Marraine du Sel. Les autres paraîtront ultérieurement.

Ce fut fait en douce, à la va-vite et dans la plus grande discrétion, sans ciseaux, sans colle, mais avec les ongles, les doigts, et un peu de salive humaine (la mienne) pour en assembler et fixer les éléments.

Ces modestes images ne risquaient pas d'alourdir mon léger bagage. C'était compter, hélas, sans l'imposant tableau sur Maurice Fourré, que me confia mon ami Guy Bodson (oh, sens pratique de l'homme, croyance indéfectible - et issue de l'enfance - dans la facilité de toute chose, vous

me sidèrerez toujours) pour le transporter jusqu'en Bretagne, et qui me valut ennuis et vexations sans fin dans le train qui me ramenait chez moi. La contrôleuse de la SNCF m'ordonna en effet de débarrasser de"la chose" le compartiment où je me trouvais seul. Et elle verbalisa ! Une amende de 45 €, à régler sur-le-champ, pour "transport d'objet encombrant". J'eus beau faire valoir qu'il s'agissait d'une œuvre inconnue de Picasso, et qu'en outre, elle ne pouvait gêner personne, puisque j'étais seul dans le compartiment, la contrôleuse resta de marbre, et m'enjoignit de me transporter avec mon imposant paquet dans le wagon-bar voisin où, pour le coup, je gênai les constantes allées et venues des voyageurs. Vive Picasso ! Vive Bodson ! Et surtout, vive Fourré, et la Société nationale des chemins de fer français.


J.P. Guillon

Les croquettes à l'anis

Cher Maurice Fourré,


J'avis fait mes délices de La Nuit du Rose-hôtel, en 1950. Cinq années passèrent, et ce fut La Marraine du Sel qui aviva et entretint ma passion. Encore soixante mois, et je pus me jeter sur Tête-de-Nègre, qui vous valut tant de tourments de la part de l'éditeur. Dès la première page, votre "présentation des artistes" donne d'emblée la coloration si particulière de votre roman, et vous me pardonnerez, cher Maurice Fourré, si mes goûts et ma profession m'inclinèrent en direction de cette "femme peintre" dont vous ne dévoilez pas grand-chose, sinon que le "Monsieur anonyme", qui vous ressemble comme deux gouttes d'eau, lui achète, à Château-Gontier "des croquettes à l'anis et des cartes postales licencieuses".

En 2002, un des mes amis ayant pour fonction la culture des Castrogontériens m'invita à vous rendre hommage1dans cette ville où la présence dominicale d'une camionnette angevine avait bien dû laisser quelques souvenirs.

Je n'eus aucun mal à trouver les délicieuses et aphrodisiaques croquettes, par contre aucune des cartes postales rencontrées ne se permettait la moindre licence !

C'est en pensant aux vingt-deux ans de Jobic2, à ses 1,52 m, à ses 48 kilos, et à vous aussi, bien cher Maurice Fourré, que de retour à Paris je disposai, sur une assiette de porcelaine quelques croquettes, une somptueuse petite culotte de soie cerise, et ma montre, pour composer une "nature morte" 3qui me sembla bien vite ne l'être pas du tout, et que je dédiai à la petite amie du Monsieur anonyme.

J'aurais voulu terminer ma lettre de poétique façon, hélas n'ayant pas la maîtrise de la langue des muses, j'emprunte les trois dernières lignes de votre livre : "Alors le cauchemar s'est enfui, par la cheminée des elfes, pour mourir dans la lande."


Paul-Armand Gette



1Maurice Fourré, ou le solstice des passions

2Petite amie du Monsieur anonyme

3cf ill. de couverture, Dégustation des croquettes à l'anis, 2002

Tous à vos postes

À la recherche de la voix perdue



Maurice Fourré, on le sait - on en a la preuve ici même - accorda bien des interviews, dès 1950, quand le succès critique de La Nuit du Rose-Hôtel fit de lui, quelques années durant, un auteur en vue. Certaines des ces interviews furent radiophoniques. Grâce à l'un de nos membres, nous avons pu retrouver (pour certaines du moins- car il y en a peut-être davantage - la date et le lieu de ces émissions avec, ou sur, Maurice Fourré. Les voici. Reste à s'armer de courage pour se lancer dans le parcours du combattant que suppose une recherche à l'INA (Institut national de l'Audiovisuel).


Y a-t-il des volontaires ?



* Radio-Rennes, le 2 février 1951 : La Nuit du Rose-Hôtel


* Radio F, le 11 janvier 1951 : Le livre du jour, par Claudine Chonez


* France-Culture, mars 1981 : Maurice Fourré, par Hubert Juin (dans le cadre de cinq émissions des Nuits magnétiques.

Courage ! La voix de Maurice Fourré est peut-être au bout de cette quête ….

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