Maurice Fourré, prix Goncourt ou prix Renaudot à titre posthume

Il n'est pas trop tard !

C'est en effet la distinction qui vient d'échoir à Irène Némirovsky, écrivain d'origine russe, disparue en 1943, Renaudot 2004 pour son roman Suite française.

Le jury rendait ainsi hommage à l'ensemble de son oeuvre, qu'il n'avait pas su reconnaître dans les années trente. Le remords engendre de tels retours de mémoire qu'il n'est pas illusoire d'imaginer sortir du noir ... Tête-de-Nègre, et rendre à Beau Désir ... sa réalité.



- Attendu que :

Le jour et à l'heure de la proclamation du palmarès, l'émission Tout Arrive (!) battait son plein sur France-Culture, où l'on recevait un autre écrivain, vivant, lui, fervent questionneur, entre autres problèmes, de l'ésotérisme et de la quête des valeurs : Frédéric Tristan (Prix Goncourt 1983 pour Les Égarés3). Il y débattait passionnément de son alchimie mentale pour cultiver et traduire, dans les mots et le style, l'imaginaire. Dans son nouveau livre, Un Infini singulier, Journal d'une Écriture 1954-2004 (Fayard), réunissant cinquante ans d'écrits épars, on lit page 749 en exergue d'une nouvelle intitulée Mon Ami Salvat, ceci :

"Pour trancher de cette délicate question, il importera de ne négliger aucun des repères que l'auteur semble avoir voulu nous fournir".

André Breton, Préface à La Nuit du Rose-Hôtel.

Bien que le Professeur Adrien Salvat soit directeur de l'Institut psychiatrique de Villejuif, spécialiste des masques et des rêves, pourquoi diable ne pas avoir mentionné le nom du fantasque et divin auteur de ladite Nuit ? Le deviner ne tombe pas sous le sens du lecteur, ni ne relève d'un diagnostic médical.

On vérifie par là combien le brio d'un préfacier peut oblitérer, pour la postérité, les talents de son poulain.

Mais qu'importe, on aura noté que Frédéric Tristan est un lecteur de notre Angevin.



- Attendu que ce n'est pas tout, et que :

Dans l'effervescence des débats qui ricochaient des Goncourt et Renaudot à l'Infini singulier, j'atteste sur l'honneur qu'il fut déclaré par une intervenante sur France-Culture, le 8 novembre 2004, à 13h23, la pensée suivante, haut témoignage de l'esprit humain et d'une évidente clarté sidérale :

"Il faut préférer la Nuit du Rose-Hôtel de Maurice Fourré à La Peste de MARCEL Camus."
... ce dont nous n'avons jamais douté, et cela rapporté ici dans un but éminemment polémique quant à l'épanouissement de l'imaginaire dans la littérature.
Parmi les 1030 pages du livre de Frédéric Tristan, qui citait Breton, je n'ai pu établir si cette reconnaissance pouvait aussi lui être créditée. Mais je n'en doute pas non plus - le lapsus en moins, évidemment. Amis lecteurs, à vos marques ... page !
On voit que les prix Goncourt et Renaudot et leurs marges mènent à tout, jusqu'à la redécouverte de vérités majeures. Il reste à cette éminente Académie plus que centenaire à assumer jusqu'au bout les conséquences directes et indirectes des débats qu'elle suscite : couronner le créateur de Beau Désir.
À cet effet, nous recrutons dès maintenant un (une) chargé(e) de relations publiques, longue expérience exigée4, mais il ne lui sera pas prescrit de prospecter jusqu'au Nobel...



A.T.