Appel

L’AAMF, fondée en janvier 1997, a donc aujourd’hui seize ans.

Seize ans, c’est le bel âge – voire un grand âge, déjà, pour une association : c’est celui des premiers (et même deuxièmes) bilans.

Sous les trois présidences qui se sont succédé pendant ces seize ans (Jean-Pierre Guillon, Alain Tallez, Béatrice Dunner) un grand travail a été accompli, grâce à l’aide toujours ardente, dévouée et désintéressée de nombreux membres, sympathisants et correspondants. Petit à petit, l’œuvre de Fourré a pu commencer à sortir de l’ombre, avec la redécouverte, puis la publication de plusieurs nouvelles inédites de sa jeunesse et de sa vieillesse (1) , ou la réédition de tel ou tel titre épuisé et introuvable (La Marraine du Sel, il y a trois ans) (2).

Nous commençons aussi (mais nous n’en sommes qu’au début !) à retrouver, classer et éventuellement publier (dans deux cas seulement en volume, le reste en revue, dans Fleur de Lune pour l’essentiel, mais aussi dans Mélusine, par exemple)(3) les volumineuses correspondances qu’il a entretenues, toute sa vie durant, avec des personnalités très diverses ; nous entreprenons (à peine encore, il est vrai !) de reconstituer sa biographie : des pans entiers de sa vie – sa jeunesse, ses activités dans l’entre-deux guerres, sa retraite à Angers jusqu’à la publication du Rose-Hôtel à la fin des années quarante – nous restent obscurs, faute de documents, de témoignages, d’archives.

Et pourtant, des archives, nous en détenons quelques-unes : nous avons d’ailleurs dressé ci-après l’inventaire de ce fonds (modeste, somme toute, et rarement constitué d’originaux, ce sont souvent des photocopies, mais combien précieuses), ou du moins, de ce qui n’en a pas encore été publié, en volume ou dans les livraisons successives de Fleur de Lune. Et nous espérons bientôt pouvoir accéder, grâce à la générosité de Mme Natalie François, petite-nièce et représentante des ayant-droits de Maurice Fourré, à un fonds autrement plus vaste, celui qui est conservé dans la maison familiale des Petiteau-Fourré, proche d’Angers : notes, ébauches, cahiers préparatoires, tapuscrits annotés, correspondances, photographies, etc : nous avons en effet le projet de nous rendre en Anjou pendant quelques jours, pour y collationner à loisir la totalité de ce qui s’y trouve.

Sans compter d’autres projets, au premier rang desquels la publication de plusieurs nouveaux titres dans la collection des « Cahiers Fourré », dont notamment celui sur le Rose-Hôtel (qui implique le décryptage du passionnant « agenda Dunlop » de 1930, qui nous a été transmis par Y. Le Baut) ; et le recueil des lettres échangées avec L. Roinet et R. Bonnel ... Mais pour tout cela, il faut des moyens, et surtout, surtout ... du temps. Le temps d’être disponible, de se consacrer à loisir à la découverte, au classement, puis au dépouillement et à l’étude de toutes ces pièces qui éclairent, prolongent et complètent l’œuvre.

L’AAMF a été créée, disent ses statuts, pour faire connaître (et reconnaître) l’œuvre de Maurice Fourré. Elle s’y emploie activement, dans la mesure de ses moyens, en participant à des colloques, en diffusant les documentaires sur l’écrivain, en suscitant la réédition de ses œuvres, en organisant des réunions et des lectures, en publiant semestriellement Fleur de Lune, et, chaque fois que la chose est possible, un nouveau titre dans la collection des Cahiers Fourré.

Mais étant donné la multiplication des découvertes et des archives, le travail de recherche et de documentation dépasse désormais la capacité des membres actifs de l’Association (même s’ils ont été jusqu’ici nombreux à s’y impliquer avec enthousiasme, et à toute occasion) : ils sont tous, rappelons-le, des bénévoles.

D’où cet appel, qui s’adresse à tous les chercheurs, universitaires, critiques, thésards, post-doctorants, en France et partout dans le monde. Maurice Fourré est un des grands écrivains du vingtième siècle. Or, pour l’heure, en-dehors du travail de son tout premier biographe (4), de quelques textes isolés et déjà lointains (M. Carrouges, J. Chaigneux,) et des efforts fournis par l’association de ses amis (B. Chéné, J. Simonelli, Y. Le Baut, entre autres), son œuvre n’a fait encore l’objet d’aucune recherche, d’aucune exégèse approfondie.

Il va de soi que ceux qui seront tentés de répondre à notre appel trouveront auprès de l’AAMF toute l’aide qu’ils pourraient souhaiter. Nous en donnons une idée en publiant ci- après la liste de toutes les archives encore inexploitées dont nous disposons.

Pour que cet appel ne reste pas vain, il importe que vous le lisiez et le fassiez lire, le plus largement possible. Et qu’en le lisant, l’envie vienne à plus d’un de se pencher sur les écrits de Maurice Fourré, et, pour parler comme lui, de « faire naître de belles ombres ».

L’AAMF, printemps 2013

1 Il fait chaud ! et autres nouvelles, de Maurice Fourré, préface de J.P. Guillon, AAMF Éditions, collection les Cahiers Fourré, Paris 2011

2 Maurice Fourré, La Marraine du Sel, Éditions L’Arbre Vengeur, Bordeaux, 2010

3 Maurice Fourré, Lettres à André Breton, AAMF Éditions, collection Les Cahiers Fourré, Paris, 2012 et Maurice Fourré, Lettres à Julien Gracq, préface de B. Chéné, AAMF Éditions, collection les Cahiers Fourré

4 Maurice Fourré, rêveur définitif, par Ph. Audoin, Éditions Le Soleil noir, Paris, 1978



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