Fourré aux Blancs Manteaux

"La vie n'est qu'une nuit à passer dans une

mauvaise auberge"

Thérèse d'Avila, épigraphe de la

Nuit du Rose-hôtel



On vient de le lire, le seizième Salon de la Revue s'est tenu les 14 et 15 octobre 2006, jour de la Saint Just et de Sainte Thérèse d'Avila respectivement, sous la verrière de la Halle des Blancs-Manteaux, au Marais. L'AAMF s'y était présentée avec sa collection de bulletins au grand complet (de 1 à 15).

À seule fin de meubler les quelques (rares) minutes creuses qui se sont parfois présentées, j'ai tué le temps du mieux que j'ai pu en déambulant dans les travées, et en glanant des prospectus divers sur les tables les plus proches. J'ai ainsi rassemblé le matériau de quatre collages, chacun d'eux illustrant un des romans de Maurice Fourré. On trouvera reproduits dans le présent numéro La Nuit du Rose-hôtel et La Marraine du Sel. Les autres paraîtront ultérieurement.

Ce fut fait en douce, à la va-vite et dans la plus grande discrétion, sans ciseaux, sans colle, mais avec les ongles, les doigts, et un peu de salive humaine (la mienne) pour en assembler et fixer les éléments.

Ces modestes images ne risquaient pas d'alourdir mon léger bagage. C'était compter, hélas, sans l'imposant tableau sur Maurice Fourré, que me confia mon ami Guy Bodson (oh, sens pratique de l'homme, croyance indéfectible - et issue de l'enfance - dans la facilité de toute chose, vous

me sidèrerez toujours) pour le transporter jusqu'en Bretagne, et qui me valut ennuis et vexations sans fin dans le train qui me ramenait chez moi. La contrôleuse de la SNCF m'ordonna en effet de débarrasser de"la chose" le compartiment où je me trouvais seul. Et elle verbalisa ! Une amende de 45 €, à régler sur-le-champ, pour "transport d'objet encombrant". J'eus beau faire valoir qu'il s'agissait d'une œuvre inconnue de Picasso, et qu'en outre, elle ne pouvait gêner personne, puisque j'étais seul dans le compartiment, la contrôleuse resta de marbre, et m'enjoignit de me transporter avec mon imposant paquet dans le wagon-bar voisin où, pour le coup, je gênai les constantes allées et venues des voyageurs. Vive Picasso ! Vive Bodson ! Et surtout, vive Fourré, et la Société nationale des chemins de fer français.


J.P. Guillon