Fourré au salon

Les samedi 14 et dimanche 15 octobre derniers, Fleur-de-Lune était, pour fêter ses dix ans, présent pour la première fois au Salon de la Revue, à l'Espace des Blancs-Manteaux, où il partageait un stand avec la revue SUR, émanation du groupe surréaliste.

Parmi les bulletins d'associations d'amis d'écrivains, celui de l'A.A.M.F. côtoyait aussi, par le hasard de l'association symbolique du roman-poème et du roman poétique, celui de l'Association des amis d'Alain-Fournier (et de Jacques Rivière), avec lequel, entre autres, le nom de Fourré prête à confusion, l'ordre alphabétique jouant, ainsi que le classement des tirages, en faveur du premier.

L'ordre alphabétique ne primant pas ici, par-delà Alain-Fournier et son beau-frère, il y avait, toujours dans les rangs de la N.R.F., le bulletin de l'Association des amis de Paul Claudel, représenté par un de ses descendants, qui n'était pas sans accuser avec l'auteur de Tête d'Or un certain air de famille, et même, dans la ferveur, un certain esprit (maître d'œuvre des Éblouissements de M. Maurice, Claude Merlin, venu nous rendre visite comme bien d'autres amis de Fourré, avait lui-même joué un rôle dans Tête d'Or).

De l'autre côté, les Amis de Robert Desnos et ceux de Léon-Paul Fargue ne se sentaient pas, eux non plus, en mauvaise compagnie avec ceux de Maurice Fourré. C'est pourtant, au croisement de la travée, avec le responsable des Cahiers de Philippe Soupault que se nouèrent, (dégustation aidant) les plus fructueuses relations, même si, de leur vivant, le globe-trotter parisien et le cœur volant angevin ne se sont guère fréquentés, ni lus. Dans les années soixante, l'ancien co-auteur des Champs magnétiques aurait pourtant pu accorder, sur les ondes de la RTF, une place au "Rêveur définitif" dans son émission hebdomadaire Poètes oubliés, amis inconnus.

Grâce à notre présence permanente sur le stand, l'A.A.M.F. a pu resserrer les liens avec plusieurs de ses vieux amis, comme Paul-Armand Gette, qui nous a promis à cette occasion la couverture que vous pouvez admirer dans le présent numéro, Jacques Villeglé, qui, en galante compagnie, a fait l'emplette d'une splendide Cravate écossaise (FdL n° 11) ou Dominique Rabourdin, fourréen de la première heure, qui a jeté son dévolu sur l'hommage rendu à son ami Lanoë, à jamais perdu de vue (FdL n° 12-13)

En se promenant parmi les stands, le président en exercice de l'AAMF a même eu le plaisir de faire la connaissance de Jacqueline Chénieux-Gendron, à ce jour la seule universitaire à avoir jamais publié en librairie une étude sur Fourré (in Le surréalisme et le roman, L'Âge d'homme, 1983).