Courrier

Dans un article intitulé Le Gendre de Monsieur Fourré (Fleur de Lune n° 13), B. Duval relevait, dans Un balcon en forêt de Julien Gracq, l'expression tête de nègre qui, tout en le frappant "comme une incongruité verbale", le renvoyait au roman éponyme de Fourré, et le faisait s'interroger sur les résonances entre les deux œuvres. Ayant lu notre bulletin, Julien Gracq nous a envoyé le petit mot que voici, dont nous le remercions.

Cher Monsieur,

Je vous remercie de l'envoi de Fleur de Lune n° 12-13, et des données neuves ainsi apportées sur Maurice Fourré et son œuvre.

"Tête de nègre" est une expression toute faite, courante entre les deux guerres, et encore après. On l'employait dans le nuancier du commerce des étoffes, pour désigner une certaine teinte. L'expression est tombée en désuétude, avec le mot devenu péjoratif, de "nègre". Je pense que M. Fourré l'a employé comme titre (un peu comme il m'est arrivé, avec "Un Beau Ténébreux") pour son usage stéréotypé, parodique.