Le mot du président


Le printemps est là, et l'AAMF a dix ans.

Dix ans, c'est un peu plus que l'âge de raison, mais ce n'est guère encore que l'enfance. Cependant, pour une association, dix ans, c'est déjà une jolie survie. Si la nôtre a connu autour de son berceau - et aussi par la suite - beaucoup de fées bien intentionnées et de bonnes volontés enthousiastes, elle a eu à lutter - et aujourd'hui plus encore qu'hier, semble-t-il - contre l'oubli, l'indifférence, voire l'hostilité. Et pourtant, elle a continué, contre vents et marées, à défendre et promouvoir l'œuvre de son grand homme. Bruno Duval trace à grands traits l'historique de ces dix ans dans l'article qui ouvre ce numéro. Le bilan n'est pas globalement négatif.

Et cependant ... Que d'obstacles encore à vaincre ! Bien plus que de réussites à engranger. Faute d'un contact constructif avec les ayant-droits de Fourré, nous n'avons pas toujours pas d'accès aux archives, puisque, semble-t-il, ils ne souhaitent pas les voir déposées en bibliothèque ou dans une université. La moindre lettre, la moindre coupure de journal nous demandent des efforts de recherche considérables, et donc beaucoup de temps. Mises à part les quelques notes préliminaires à l'écriture d'un Fleur de Lune qui ne vit jamais le jour, et que grâce à Jean-Pierre Guillon nous avons pu publier en partie (Fleur de Lune n° 14), nous n'avons jamais eu accès au moindre manuscrit de l'auteur, ni à sa bibliothèque, ni à l'ensemble de sa correspondance, ni à aucune source iconographique...

Par ailleurs, tous nos efforts pour faire publier les œuvres complètes ont jusqu'ici tourné court. Sur ce front, cependant, il semble se produire quelques frémissements (cf la rubrique "Échos et nouvelles, Fourré en librairie"). C'est un début, mais nous sommes encore loin du compte. L'Association n'a pas assez de membres, même si leur nombre s'accroît lentement. Ses moyens sont faibles, son audience limitée, à Paris comme en Anjou, où le bulletin ne compte encore aucun abonné ! (si, si). On n'est jamais prophète en son pays, c'est bien connu.

Mais nous n'en continuons pas moins, avec espoir et fermeté. En témoigne ce numéro double, où la curiosité du fourréen trouvera à se rassasier, à la lecture des articles sur les origines poitevines de Fourré (J. Simonelli), sur les Ombres que l'on perd et retrouve (C. Merlin), sans compter les nouveaux éléments à verser au dossier Fourré avant Fourré (J.P. Guillon), et des documents, des nouvelles, des images... Et puis, en ce printemps 2007, c'est Fleur de Lune n° 17, et le numéro dix-sept, comme chacun sait, a une signification ésotérique : Arcane17 du tarot (l'Étoile), que Breton a fait, en 1947, entrer dans la postérité littéraire : "Notre seule étoile luit". C'est aussi, en juin 1959, le jour exact de la mort de Fourré, en relation signifiante avec sa naissance, dix jours plus tard et quatre-vingt-trois ans auparavant, le 27 juin 1876... Bonne lecture !